J3 : Une journée sur le raid Asuma…

Ce jour, nous prévoyons de rouler un bon moment. Cela ne veut pas dire que nous roulerons beaucoup, puisqu’à 10,2 km/h de moyenne, on n’avance pas bien vite. Nous avons le temps de regarder le paysage, surtout pour celui des deux occupants de chaque tracteur qui ne conduit pas.

Le paysage est facile à décrire : en haut, c’est tout bleu. Pour l’instant, du moins. Une masse nuageuse dans notre dos semble vouloir se rapprocher… Sous le bleu, c’est tout blanc. Pourtant, c’est assez joli, car la surface de la neige est très variée : des zones dures assez lisses alternent avec des zones de neige plus tendre, fraichement déposée par le vent. Et un peu partout, des sculptures, bosses, vagues, constamment ré-usinées et remodelées par ce vent qui souffle assez fort depuis hier. La neige soufflée court sur la surface, se faufile dans les creux, saute par-dessus les crêtes pour rebondir plus loin et poursuivre sa course folle, ou se bloque à un endroit pour contribuer à l‘élaboration d’une nouvelle sculpture de neige. Le relief de surface évolue constamment. C’est cette variabilité que l’on cherche à documenter, caractériser, comprendre, avec certains de nos instruments, dès que le convoi s’est arrêté. Parfois, nous avons l’impression d’apercevoir dans la neige des traces d’antilope des neiges, mais avec cette neige soufflée rien n’est vraiment très net. D’ailleurs, on ne sait que très peu de choses de cette espèce d’antilope. Certains pensent qu’elles sont de lointaines descendantes des poneys que Scott avait emmenés avec lui lors de sa traversée tragique au Pôle Sud, et qu’elles se nourriraient de carottes de glace abandonnées par des glaciologues. A dire vrai, arriver à ramener une preuve de l’existence de cet animal, le seul capable de survivre sur le plateau Antarctique, serait sans doute notre plus grosse découverte scientifique. A l’heure actuelle, les rares témoignages à son sujet sont le fait d’explorateurs retrouvés congelés, ou au contraire fortement alcoolisés… L’esprit divague facilement pendant les longues heures de déambulation sur le Grand Blanc…

Pour l’heure (et pour les 5 ou 6 à suivre…), devant moi le capot jaune du tracteur et, 20 mètres devant, un container blanc (notre laboratoire de carottage) qui se dandine au gré des irrégularités de la trace. Vers 13h, notre convoi marquera une petite heure de pause le temps d’avaler le repas rapidement réchauffé par Christophe, notre médecin-cuisinier. Puis nous reprendrons la route toute droite en essayant de ne pas nous endormir au volant, jusqu’à notre campement programmé du jour, à 140 km de la côte antarctique que nous avons quittée il y a 3 jours… Les mécaniciens procèderont alors à l’entretien quotidien des 4 tracteurs et de la dameuse, à la vérification des charges et de chaque traineau. Les scientifiques sortiront quant à eux leurs instruments dans une routine qui se met progressivement en place au fil des jours…

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Ce qu’on voit du tracteur…
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Ce qu’on voit du tracteur…
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