Brève de tracteur!

  • Arrêt par:
    – 69 DEG 38.152 S
    – 135 DEG 16.774 E
    Station à « STOP 0 ». Zone très peu rugueuse située à un point coïncident du satellite altimétrique Sentinel 3. Très proche de l’ancienne route du raid.
  • Distance parcourue: 58 kms.
  • Résumé météo:
    – Beau temps.
    – Température du soir: -23°C.

Aujourd’hui, je me fais conduire par Anthony qui ouvre la route avec la dameuse.
Les yeux ont un peu du mal à se détacher du gros rouleau usiné par la lame pour aplanir la route, c’est assez envoûtant. Plus loin devant, aucune trace, le blanc, la ligne horizontale, le bleu. Un mirage au loin sur la droite suggère l’existence d’un relief difficilement perceptible à l’œil, mais que Ghislain nous montrera sans doute sur les photos satellite sur lesquelles il se base pour tracer notre route. Nous avons quitté la piste qui file en direction de la station Concordia, et d’ici quelques heures, nous serons à notre première grande
station de mesure, appelée Stop 0, où nous devrions stationner quelques jours. Le froid était piquant ce matin. Le thermomètre de la caravane indiquait -25°C, la matière synthétique de mon petit sac à dos avait perdu sa souplesse et craquait, les doigts restaient collés au métal du pied photo alors que je tentais de filmer le départ du convoi. Voilà quelques jours que nous n’avons plus vu d’oiseau. Nous sommes maintenant à près de 400 km des côtes, à 2500 m d’altitude. Hier, dans l’après-midi, le ciel était complètement inondé de petits cristaux de glace et de jolies choses s’y sont dessinées, étonnants cercles lumineux…

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La jolie chose dans le ciel que les savants appelent parhélie (la même que celle du post d’hier, mais en entier!)

Plus aucun indice non plus d’éventuelles antilopes des neiges. Aucune trace sur la surface parcourue. Les carottes de glace que nous laissons trainer dehors le soir sont retrouvées intactes au petit matin. Et si finalement tout cela n’était qu’une légende inventée par les anciens pour passer le temps pendant les longues heures de la nuit polaire ? Mes collègues scientifiques devraient alors se contenter d’écrire des articles sur la microphysique de la neige, ses propriétés optiques ou encore la variabilité de l’accumulation de neige qui occupent toutes nos journées de mesures… Remarque, cela ne les gênerait peut être pas, ils ont l’air vraiment passionnés par ces choses-là. Au cours des repas, on s’échange des regards avec les mécanos en les écoutant en silence élaborer avec excitation des théories passionnées sur la formation des petits tas de neige appelés sastrugis ou autres gros tas de neige qui s’apparenteraient plutôt à des dunes ou des collines. Les jours où je suis en forme, je tente parfois de donner le change en proposant d’autres idées qui s’avèrent généralement plus absurdes que publiables dans des revues scientifiques… Tant pis.

Ceci dit. La calotte antarctique est immense. Aucun des biologistes rencontrés à
Dumont d’Urville n’a réellement d’idée du nombre d’antilopes qui peut y vivre. La probabilité d’en rencontrer une est sans doute très faible. Mais pas forcément nulle. Restons vigilants.
A bientôt
bruno

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