Brève de calotte : L’enquête avance…

antilope

Grâce au travail d’archive réalisé par d’Elisabeth, nous avons désormais une idée assez précise de ce à quoi peut ressembler notre antilope. Du moins, de ce à quoi elle ressemblait au début du siècle dernier.

 

taraL’allure générale de l’animal nous a également été confirmée par Tara, dont le beau dessin nous est parvenu hier soir. Tara dont le papa est sans doute l’une des personnes qui a eu le plus l’occasion de rencontrer l’antilope des neiges, lui qui a parcouru des milliers de kilomètres dans ce grand désert blanc, à la tête des convois logistiques entre Dumont d’Urville et Dôme C. Son dessin est désormais affiché dans notre salle à manger, chargé d’émotion pour nous qui avons presque tous connu son papa au cours de nos missions sur cette terre gelée, nous qui aurions pu être à sa place dans l’hélicoptère…

Ce matin, c’est un autre document envoyé par le club nature du collège de Domène qui précise encore un peu plus la physionomie de l’animal.

antilope-des-neiges-concours-asuma

C’est assez incroyable l’adaptation que cette antilope semble avoir su développer pour subsister dans cet environnement hostile, tout comme l’imagination dont ont fait preuve ces enfants… Quelles sont leurs sources de documentation ? Après avoir épluché toute la littérature scientifique sur le sujet, je ne suis arrivé à rien d’aussi précis. A rien du tout, en fait…

Déjà deux semaines qu’on est dans nos caravanes, les uns sur les autres. Par moment, un besoin de solitude se fait sentir. Avant-hier soir, j’ai remis ma combinaison polaire et je suis parti marcher en m’éloignant du campement. En m’éloignant de ce carottier qui ne voulait pas remonter. On s’entendait pourtant très bien jusque-là, le trinôme qu’on formait avec David était bien rodé, les carottes remontaient régulièrement, étaient mesurées, pesées, étiquetées, emballées… Jusqu’au moment où, alors qu’on tirait sur le câble pour arracher la carotte, comme cela avait été fait pour les 60 précédentes, celui-ci s’est tendu, le treuil a bougé, mais rien n’est monté. Pourquoi ? Qu’a t’il trouvé à 46 m qu’il n’a pas en surface ? A t’il essayé de nous envoyer des signes que l’on n’a pas su déchiffrer ?

A un moment, au milieu de cette étendue blanche, mes yeux m’ont sorti de la rêverie, attirés par trois marques imprimées dans une plaque de neige durcie recouverte de part et d’autre par de la neige récemment soufflée.

ddu-2016-2017_1620_1

Trois marques qui ressemblent à des sabots… Des sabots avec des crans antidérapants… ? De retour sur mon ordinateur, je ressors un document que m’a envoyé une spécialiste des empreintes dans la neige de chartreuse. La Chartreuse… (Le massif, pas la boisson ! Quoi que…). Il semblerait qu’une espèce endémique d’antilope alpine y survive sur les hauts plateaux entre la Dent de Crolles et le Granier. Très peu d’informations existent à son sujet, aucune image, seuls de rares témoignages de raquetteurs retrouvés congelés ou de chasseurs fortement alcoolisés… Mais je m’égare. Il s’agit là d’une autre enquête qu’il conviendra de mener en d’autres temps.

Je consulte donc la planche sur les traces d’animaux.

clefempreintes

Cela ne fait guère de doute, les empreintes que j’ai croisées ressemblent fort à des empreintes de grands ongulés… Alors… ? Si je me souviens bien, l’espacement des traces est une bonne indication de la taille de l’animal… L’antilope serait donc plutôt petite, 50 à 60 cm… Ce n’est guère compatible avec les recherches d’Elisabeth qui montrent un animal de la taille d’un homme. Ou alors l’espèce a évolué en 100 ans ? Ou les hommes ont grandi?

Le dessin des écoliers de Domène ne donne pas d’indication sur la taille de l’animal… Peut-être serait-ce un jeune faon ? (Dit-on seulement faon pour un bébé antilope ?).

Je suis retourné dehors pour essayer de trouver d’autres traces, mais je n’ai pas retrouvé celles que j’avais vues. Le vent efface tout, même mes propres empreintes de pas. La zone de neige dure était non recouverte de neige soufflée, l’animal était sans doute passé il y a plusieurs jours. J’ai raconté ma découverte à mes collègues spécialistes de la microphysique de la neige. Ils ont souri. Eux pensent plutôt à un phénomène de micro-
érosion de petite échelle de la couche superficielle de la neige durcie liée à un phénomène de frittage des cristaux accentué par l’effet d’un transport turbulent ondulatoire de surface.
Je m’y perds…

Hier, nous avons tiré très fort sur le câble pour essayer de décider le
carottier à remonter vers nous. Le câble a lâché, Vincent vous l’a déjà dit.

Elles ont tiré plus fort que nous, en bas.
…Et si…

à bientôt !
bruno

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s