Journée de Noël au point Charcot

Charcot. Commandant du Pourquoi Pas, il participa aux premières explorations du continent Antarctique au début du 20ème siècle, hivernant avec son équipage dans une baie de la péninsule antarctique. Il sombra des années plus tard dans les mers du nord.
Charcot. C’est le nom que les Expéditions Polaires Françaises donnèrent à la base qu’ils installèrent sous la neige à en 1957 à l’occasion de la seconde année géophysique internationale, à un endroit particulier pourtant parfaitement similaire à tant d’autres sur le plateau antarctique : au pôle Sud magnétique. A la même époque, deux autres nations installaient pour la première fois deux autres bases à l’intérieur du continent : les américains au pôle Sud géographique (base de Pôle Sud) et les soviétiques au pôle Sud géomagnétique (base de Vostok).
Ces deux stations sont toujours en activité depuis, dans des conditions de confort très différentes…
Dans le cas de la station française, elle ne fut occupée que deux années de suite, par deux équipes de trois hivernants. La première de ces équipes, dirigée par Jacques Dubois, comprenait deux jeunes étudiants qui vivaient là le début de leur carrière scientifique : Roland Schlich, disparu il y a quelques mois, géophysicien qui dirigea ensuite l’Institut de Physique du Globe de Strasbourg et Claude Lorius, qui devint l’un des pères de la glaciologie actuelle. Après son premier hivernage à Charcot, Lorius revint de nombreuses fois en Antarctique, ayant rejoint le laboratoire de Glaciologie de Grenoble qu’il dirigea par la suite.
L’histoire de ce premier hivernage difficile et de la carrière de Claude Lorius a été relatée récemment dans le documentaire du réalisateur Luc Jacquet « la Marche de l’Empereur ». Ah non, celui-là, c’était l’histoire de Napoléon, un manchot empereur de Dumont d’Urville, cousin de Happy Feet. Celui qui parle de glaciologie et de la prise de conscience du problème du réchauffement climatique grâce à l’analyse des gaz piégés dans les carottes de glace s’appelle « la Glace et le Ciel ». Vous pouvez retrouver le volet pédagogique associé à ce documentaire sur le site de Wild Touch…

Par la suite, la Station de Charcot a profondément été recouverte par les couches de neiges déposées annuellement et s’est enfoncée dans la calotte, dérivant lentement et inexorablement avec l’avancée du glacier, à une vitesse de l’ordre d’une dizaine de mètre par an. Elle doit se trouver désormais à 40 ou 50 mètres sous nos pieds, à quelques centaines de mètre de son emplacement initial. Le Pôle Sud magnétique, quant à lui, a dérivé beaucoup plus vite et se promène désormais en pleine mer, au large de Dumont d’Urville. Notre arrêt à Charcot est avant tout symbolique, 60 ans après nos ainés. Après le
repas de midi nous procèderons néanmoins à nos mesures quotidiennes, mesures de rugosité, mesures physiques et optique, forage de 20 m, afin de continuer à accumuler des mesures sur cette région d’Antarctique que nous sommes venus caractériser…

A bientôt

Bruno

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