Journée 26 : Et si nous faisions peu d’histoire ?

Merci à Jean Robert Petit pour les précisions apportées à notre message !

  • Arrêt du soir au point STOP 5 par:
    – 68°44.840 S
    – 137°26.568 E
  • Distance parcourue: 94 kms.
  • Résumé météo:
    – Beau temps.
    – Température du soir: -16°C.

 

De retour du site de Charcot dont l’histoire ensevelie sous 50m de neige constitue le prologue de celle de notre laboratoire, je tente de me rappeler les aventures qui ont marqué la glaciologie sur ce continent. Après Charcot, bien d’autres sites ont suivi. Il y a bien entendu les sites de forage de Vostok et de Dôme C, où les carottes profondes ont permis de retracer 400 000 puis 700 000 ans de climat. D’importants carottages ont aussi été effectués à Dôme Fuji, Siple Dome, Talos Dome, Byrd, WAIS divide, etc, offrant des
informations fondamentales sur la synchronisation des phases de réchauffement et de refroidissement à l’échelle du continent. La réalisation de ces forages constitue la grande époque de la glaciologie en Antarctique. Aujourd’hui, de nouveaux challenges existent, parmi lesquels celui de trouver de la glace vieille de plus d’un million d’années (projet oldest ice). Les progrès scientifiques permettent aujourd’hui de mieux cerner les zones où il est envisageable de trouver cette glace. Les progrès techniques permettent de forer et d’analyser la glace in situ, offrant la possibilité de renseigner les variations du climat jusqu’au bedrock en une saison, alors que plusieurs années étaient nécessaires dans le passé (projet subglacior).

Il y a aussi dans l’histoire de la glaciologie, d’autres sites plus annexes comme celui de D47 où le laboratoire de glaciologie (LGGE) avait effectué une carotte de 870 m en une seule saison en 1988. Le forage réalisé avait permis de tester un tout nouveau carottier thermique construit au LGGE et avait offert une archive couvrant les 8000 dernières années. C’est vers ce site que nous nous orientons maintenant en suivant l’ancienne route du raid logistique entre Cap Prud’homme et Dôme C, ainsi que la route suivie par les raids scientifiques IAGP qui regroupaient la France, les USA, la Russie, l’Australie, et le Royaume Uni, afin d’étudier l’Antarctique de l’Est. La contribution française envisageait la réalisation de raids depuis Dumont D’Urville vers la base de Vostok, avec collecte d’échantillons de neige de surface. Le raid IAGP 1, en 1970, fut dirigé par R. Guillard, C. Lorius étant pour sa part responsable scientifique. Le site de D59 constituait une des étapes de ce raid. Sur le chemin du retour, nous passerons sur ce site de D59, où une page de l’histoire de l’exploration de l’Antarctique a aussi été écrite.

A D59, la NSF (National Science Foundation, aux USA) devait ravitailler le raid par avion de type C130 car ces avions étaient réputés pour leur capacité à se poser et décoller partout. Malheureusement, au moment du décollage, sous les secousses dues aux sastrugis, une fusée (utilisée pour accélérer l’avion au décollage) se détacha et percuta l’hélice du moteur, qui se planta dans la carlingue. Il n’y eut pas de blessé mais l’avion fut abandonné sur place. En 1975, après deux accidents supplémentaires de C130 à Dome C (voir le film « la glace et le Ciel » de Luc Jacquet), la NSF décida de récupérer les 3 avions. Le raid IAGP 3 fit une reconnaissance à D59 en 1976 et constata que seule la gouverne arrière dépassait de la neige. L’avion fut récupéré en 1977 après une campagne complexe. Cette histoire tragique nous rappelle les difficultés associées aux moyens aériens ici !

 

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